Pourquoi je suis timide ? C’est LA question qui revenait sans arrêt dans ma tête — comme une obsession — pendant les 30 premières années de ma vie.
Je trouvais ça injuste. Je ne comprenais pas pourquoi c’était tombé sur moi.
Peut-être que vous aussi, vous aimeriez comprendre les causes de la timidité.
De VOTRE timidité.
Vous aimeriez savoir pourquoi vous êtes différent des autres. Pourquoi c’est aussi dur pour vous de parler aux autres, d’être naturel en présence d’inconnus…
… alors que ça semble si facile pour tous les autres.
Vous avez certainement ce besoin de savoir pourquoi vous vivez cette injustice d’être timide, là où les autres semblent libres de se lâcher en public, d’aimer, de vivre.
C’est légitime. On a tous BESOIN de comprendre.
On va donc voir ensemble d’où vient la timidité. Pourquoi on est timide. Et ce qu’on peut faire pour inverser ça.
Pourquoi je suis timide ? La petite enfance, un moment clé.
La timidité touche beaucoup de monde – Près d’une personne sur deux déclare souffrir de timidité dans certaines situations.
Cette timidité peut se développer très tôt.
Si les études tendent à prouver qu’on ne nait pas timide…
…on peut développer des comportements timides dès les tout premiers mois de vie.
On peut donc devenir timide (ou au moins commencer) alors qu’on est encore bébé.

Voyons ensemble pourquoi :
Un manque de modèles ou de sécurité : l’importance de l’environnement
L’être humain (comme les autres animaux) apprend essentiellement par imitation.
On écoute les adultes parler, on essaie de faire pareil, et on apprend comme ça.
Si dans votre toute petite enfance, vous avez vécu dans un milieu qui manquait de sécurité, ou entouré de personnes angoissées…
…ça a pu développer chez vous un climat propice à faire grandir la timidité.
Les bébés sont de véritables éponges émotionnelles.
Si vos parents ou votre entourage étaient tendus dans leurs rapports avec les autres à ce moment là…
… vous avez très certainement compris par imitation que c’était stressant ou dangereux de rencontrer d’autres gens.
Vous avez peut-être même intégré que les autres étaient une menace, quelque chose dont vous devriez vous méfier.
Bien entendu, ça s’est fait inconsciemment.
Vous n’avez pas CHOISI cette vision des rapports humains.
C’est juste qu’avec vos yeux d’enfants…
…vous avez interprété à votre manière le monde qui vous entourait.
Personne ne peut vous blâmer pour ça. Et vous ne devriez pas vous en vouloir.
Cette première vision biaisée des rapports humains a peut-être créé un terreau fertile pour vos difficultés futures à parler aux autres.
Des prédispositions génétiques à la timidité ?
Il semblerait que — comme pour l’énorme majorité de nos comportements — la génétique a une incidence sur la timidité (*).
Si vous êtes très timide à l’heure actuelle, c’est probable que votre génétique ait favorisé la timidité.
Mais ce qui est rassurant, c’est que le facteur environnemental est bien plus important.
Ce n’est pas parce que vous avez des prédispositions génétiques à la timidité que vous serez forcément timide.
Comme dans tous nos comportements, c’est un ensemble d’expériences et de choix qui forge qui on est, pas uniquement une séquence de gènes dans notre ADN.
Penser qu’on est maudit ou condamné à cause de notre génétique, c’est oublier qu’on a le contrôle sur tout le reste : nos actions, nos choix, nos fréquentations.
Si la timidité était uniquement génétique, il ne serait pas possible de s’en sortir.
Pourtant, des milliers d’anciens timides (dont je fais partie) ont réussi à vaincre leur timidité ! C’est donc que d’autres facteurs peuvent largement compenser une « mauvaise » génétique.
Ne donnez donc pas trop de poids à la génétique pour la timidité, car ça semble être un facteur secondaire (aggravant c’est vrai !)
Un manque d’encouragements dans les moments de doute
Pendant l’enfance (puis l’adolescence), on passe par de nombreuses phases d’apprentissage.
Et au début, quand on apprend une nouvelle compétence : on est souvent mauvais.
C’est normal.
Aucun enfant ne réussit à marcher à sa première tentative !

Le cercle vicieux des timides
Une personne timide va souvent, par sa timidité, avoir plus de difficultés à débuter une nouvelle activité.
Par peur de mal faire. Par peur d’être jugée.
Elle fera moins de tentatives que les autres, pour ne pas être « ridicule ».
Le problème quand on est timide
Un enfant timide fera donc souvent moins bien que les autres, par manque de pratique. À force de craindre de mal faire, il s’empêche de faire assez d’essais pour devenir meilleur.
Ce qui peut amener à des remarques blessantes de la part des adultes.
Des paroles blessantes qui marquent
Je me souviens de cette institutrice sans cœur qui, au lieu de m’encourager, m’avait humilié devant la classe entière.
En fin d’année, elle avait distribué une médaille à tout le monde pour leur mérite sportif…
…sauf à moi.
En disant tout fort : « tu as vu comment tu es sportif ? tu ne mérites pas de médaille ».
Bien entendu, c’était ma timidité qui faisait que je n’osais pas prendre le ballon et échouer devant tout le monde. Je n’étais pas nul, je manquais juste de pratique et d’encouragements.
Ce n’est pas toujours aussi violent, mais les timides ont souvent manqué d’encouragements dans certains domaines.
Par exemple, avec leur émotivité, ils vont être plus maladroits que les autres.
Et les adultes, au lieu de leur donner des responsabilités, vont dire : « touche pas à ça, tu vas encore tout casser, je vais le faire ».
Ce qui fait douter encore plus l’enfant timide de ses compétences, et le rend encore plus timide.
Un cercle vicieux qui peut renforcer la timidité, et ça ne s’arrange généralement pas avec l’arrivée d’une période difficile : l’adolescence.
Pourquoi je suis timide ? L’adolescence, période très sensible.
Les moqueries des autres
Là, on touche à quelque chose qui peut déclencher une vraie timidité.
Beaucoup de personnes deviennent timides à l’adolescence (ou le deviennent encore plus) face aux moqueries des autres.
Résultat : une timidité peu handicapante jusqu’à là peut devenir énorme en l’espace de quelques mois.
Parfois, ça se combine à une timidité déjà bien présente avant, et ça la renforce pour la rendre vraiment très dure à vivre.
Des différences mal vécues : timidité et complexes
La timidité peut prendre énormément d’ampleur suite à un complexe.
- Quelques kilos « en trop », ou un physique « squelettique ».
- Un nez qu’on trouve trop long.
- Être plus petit que les autres.
- Se trouver moins intelligent.
- Des seins plus petits ou plus gros que la moyenne.
Les causes de complexes sont nombreuses, et elles peuvent renforcer la timidité.
En effet, si on commence à avoir honte d’une partie de notre corps, on se met à craindre le jugement des autres.
À vouloir éviter à tout prix de se mettre en avant, d’être vu.
Alors, on se cache. On parle moins. On s’isole.
Ce qui crée malheureusement un parfait environnement pour que la timidité s’installe durablement.

Aujourd’hui, j’assume ma minceur comme sur cette photo, mais avant elle me complexait beaucoup.
Pourtant, les personnes timides ont beaucoup de qualités, comme on peut le voir ici dans cet article : 10 qualités (et défauts) des timides.
L’arrivée des hormones… et de la frustration

Une personne timide tombe amoureuse comme les autres.
Elle a aussi des envies sexuelles, comme les autres.
Sauf que, de par sa timidité, elle se retrouve souvent « en retard » par rapport à ses petits camarades.
On a déjà vu pourquoi : par peur du rejet, les timides ne « s’entraînent » pas assez en conditions réelles.
Ne parlent pas assez à des garçons / femmes qui leur plaisent, ne flirtent pas assez, ne tentent pas assez de rencarts…
Ce qui amène un constat assez triste pour les adolescents et les jeunes adultes timides :
Des frustrations quand on est timide :
- Les autres ont déjà eu un copain / une copine, et pas nous.
- Les autres ont déjà embrassé quelqu’un, et pas nous.
- Tout le monde dans notre entourage a déjà fait l’amour, et pas nous (lire : encore vierge à 30 ans, que faire)
- Les autres se marient, ou font des enfants, alors qu’on n’a jamais été en couple.
On se sent différent. Rejeté parfois.
Les timides sont souvent mis en friendzone, quand ils ne sont pas tout simplement ignorés ou rejetés.
Alors, notre confiance en nous s’effrite, ce qui augmente énormément la timidité.
Le regard des jeunes femmes ou jeunes hommes attirants nous renvoie (à tort) l’idée qu’on n’est pas digne d’être aimé.
Ce qui est terrible pour l’estime de soi, et nous rend de plus en plus timide.
Pourquoi je suis timide ? L’âge adulte, la période de la honte
La peur d’être démasqué, de rougir
À l’âge adulte, la timidité s’accompagne souvent de honte : « et s’ils savaient que je n’avais toujours pas eu de copine à 25 ans ? »
« Et si elle se rendait compte que je vis toujours chez mes parents ? »
« Et si mon employeur savait que je suis aussi timide ? »

Au fil des années, on apprend à masquer cette honte. Et aussi à masquer nos différences.
On ne montre pas qu’on doute, qu’on n’a pas confiance en nous.
On devient assez bon au jeu du « poker face » : ne rien montrer de nos peurs.
Ça fait parfois illusion, mais la peur d’être démasqué est toujours très présente, et continue à entretenir la timidité, même à l’âge adulte.
Cette honte toxique peut amener à des rougissements, mal vécus car ils trahissent nos secrets.
Même quand les choses se passent bien, on se met à douter de nous : « mais si elle découvre mon manque d’expérience, ça va tout gâcher ! », ce qui nous rend plus stressé, et nous fait rater des opportunités géniales.
J’avais toujours peur que les femmes se moquent de moi si elles
découvraient à quel point j’étais inexpérimenté en amour.
Du coup, je ne tentais rien. Et je n’avais forcément aucune relation amoureuse.
Forcément, cette peur d’être démasqué entretient la timidité, la fait grandir.
(Pour aller mieux, vous pouvez lire le guide ultime de la timidité ici.)
Pourquoi je suis timide ? La faute à qui ?
La faute des parents ?

Je suis timide : pourquoi rejeter la faute sur les parents est une erreur
Il m’a fallu du temps pour comprendre ça, mais généralement ce n’est pas la faute des parents.
Et l’approche classique de rejeter la faute de notre timidité sur eux n’est PAS productive.
Timides à cause de nos parents ?
Bien entendu, ils ont souvent été maladroits. Ils auraient pu nous encourager mieux, nous guider mieux. Mais ils ont fait ce qu’ils croyaient bons pour nous.
Parfois en nous chouchoutant trop, ils ne nous ont pas laissé prendre confiance en nous.
Parfois en nous brusquant trop, ils n’ont pas été un soutien assez fort.
La réalité
Mais — à part si vous avez eu des parents odieux, ça peut arriver malheureusement — c’était essentiellement de la maladresse de leur part.
Ils ont essayé de nous élever de leur mieux, et n’ont pas voulu faire de nous des personnes timides.
Peut-on vraiment en vouloir à quelqu’un d’avoir été maladroit ?
Je vous laisse en décider, mais de mon côté je vis beaucoup plus sereinement depuis que je leur ai entièrement pardonné leurs maladresses passées.
Pourquoi je suis timide : La faute à pas de chance alors ?
Il y a forcément eu une part de hasard dans la mise en place de votre timidité.
L’erreur classique serait de se contenter de cette explication, et de maudire un destin cruel avec nous.
Parce que la chance et la malchance font partie de la vie.
Et que, si on a en effet eu la malchance d’être timide…
…on fait partie des rares « maladies » à pouvoir se soigner uniquement par nos décisions.
C’est donc aussi une chance, laissez-moi vous expliquer :
La timidité est aussi une chance : comprendre la timidité
En changeant notre façon de penser, notre façon d’agir et de percevoir le monde…
…et surtout en sortant un petit peu plus de notre zone de confort chaque jour de notre vie…
…on a le pouvoir de transformer cette malchance en opportunité.
De comprendre la timidité, avant de la dominer.
La timidité est
une chance…
…Parce qu’une personne timide qui combat la timidité devient plus forte que la moyenne.
Elle a appris à se surpasser. Elle a compris que le destin n’était pas immuable.
Elle a compris qu’elle avait son destin en main.
Et qu’elle est forte.
Très forte.
Plus forte que la timidité, plus forte que la génétique, plus forte que les moqueries.
Plus forte qu’une adolescence difficile, plus forte que ses différences physiques.
En vainquant la timidité, on prend une revanche sur la vie.
Mais surtout, on apprend à prendre le contrôle de notre vie, et à être plus heureux que la majorité des autres.
Alors oui, au risque de faire de la provoc : maintenant je vois la timidité comme une chance.
Sans elle je n’aurais jamais assez souffert pour avoir envie de me dépasser et de vivre ma vie à fond.
Vaincre ma timidité m’a fait grandir bien plus que toute autre expérience au monde.
Je vous souhaite de faire pareil (en vous offrant ma conférence sur la timidité ici).
Car vous l’aurez compris : bien plus important que de comprendre « pourquoi je suis timide »…
…il est beaucoup plus important de comprendre « comment j’arrête d’être timide ».
Les causes de la timidité
Connaître les causes de la timidité aide à faire la paix avec son passé.
À avancer plus sereinement.
Mais ce n’est qu’en combattant activement la timidité que votre vie changera vraiment.
C’est faisable.
Alors : faîtes-le.
Pas d’excuse, pas de « je le ferai plus tard ».
Agissez, maintenant.
Et transformez la malédiction d’être timide…
…en chance d’être un ancien timide qui vit maintenant sa vie à fond.
Je vous attend dans le camp de ceux qui ont combattu la timidité. Il y a une place pour vous. Rien ne vous empêche de le faire.
Faîtes-le.
(*) Étude de Jerome Kagan à l’université d’Harvard citée ici

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