La dictature du bonheur selon les pubs

Les publicités et la dictature du bonheur

Si on fait un petit bilan des messages que l’on reçoit à longueur de journée, pour être heureux il faut consommer.

Avoir une belle voiture de chez Mercedos, manger du nutellos, manger au McQuik, boire du cola cokos, avoir un jphone.

Et tout ça pour avoir un corps sain (c’est à dire être super musclé et sans un gramme de graisse) et dans un monde merveilleux et beau.

Oui, sauf que… C’est un grand n’importe quoi, un WTF total.

Si on mange tout ce qu’on nous dit de manger dans les pubs, on sera loin de ressembler aux gravures de modes photoshopées des magazines.

Saviez vous que dans une seule canette de soda il y a plus de sucre que l’apport journalier conseillé par l’OMS ?

Que votre pâte à tartiner préférée ou que votre fast food si accueillant sont tellement gras et sucrés qu’ils vous flinguent la santé à petite dose ?

Si je vous pose la question, vous me répondrez certainement que vous le savez. Mais pourtant, vous continuez à acheter et à consommer ces produits, pourquoi ?

J’ai eu des éléments de réponse en lisant l’excellent TV Lobotomie de Michel Desmurget. Les publicitaires et les chaines de télévisions font appel à des neuro-chirurgiens (spécialistes du cerveau) pour être conseillés sur les techniques à mettre en place pour contourner les barrières conscientes de notre cerveau et faire passer le message malgré tout.

A chaque fois que vous regardez une pub, les publicitaires pratiquent une sorte d’« inception » sur votre cerveau.

On a tous déjà sortis cette phrase :  » mais les pubs ça sert à rien, ça ne marche pas sur moi ! « . Et on est persuadé que c’est le cas. Mais non, on est quand même fortement impactés, et il suffit de regarder dans nos placards pour voir ce qu’on a acheté.

publicités dictature du bonheur - changeons

En cas d’hésitation entre un produit X et le produit dont vous avez vu la pub, dans la majorité des cas vous allez inconsciemment être attiré vers le second, même s’il correspond moins à vos besoins. Parce que dans les pubs, cette marque a été associée à une idée de plaisir, de convivialité, de bons moments. Et peu importe que dans la réalité ce produit rende les gens obèses et diabétiques, votre cerveau a intégré une sorte de reflexe pavlovien ou d’ancrage qui permet d’associer l’évocation d’un produit avec des sentiments (ici positifs). Des études ont été faites, quand vous ouvrez une canette de coca et que vous la buvez, ce ne sont pas les zones du gout qui s’activent dans votre cerveau mais des zones liées aux souvenirs et au plaisir : votre cerveau à chaque fois qu’il voit une canette rouge revoit toutes les images positives des pubs et associe cette boisson avec un sentiment : le plaisir.

Est ce que c’est grave de suivre les publicités ?

On pourrait en rire, et se dire que ce n’est pas bien grave. On consomme juste un peu trop, et c’est tout.

Sauf que ça a un vrai impact sur votre santé, vos finances et votre bonheur. Et ce, durablement.

1/ Cela crée des attentes trop élevées et vous fait croire que votre bonheur dépend de la possession d’un objet

Avoir une voiture X plutôt qu’une voiture Y ne vous rendra pas beaucoup plus heureux. Plus pauvre certainement, plus frustré pendant des années à ne pas avoir pu l’avoir, et derrière vous aurez un prêt énorme à rembourser. C’est sur, vous en serez fiers quelques jours, puis vous vous habituerez, et votre cerveau se fera avoir par un autre gadget à posséder : le jphone 12 va bientôt sortir après tout !

Pire, le marketing crée des nouveaux besoins sans arrêt sans qu’on s’en rende compte, c’est une course sans fin.

2/ Cela plombe nos budgets sans qu’on s’en rende compte

Combien d’argent par an dépensons nous dans des choses dont nous n’avons pas vraiment besoin ? Il suffit de regarder dans votre cave si vous en avez une, le nombre d’objets que nous entreposons après les avoir utilisés une ou 2 fois… De plus, ces produits coutent souvent cher, et ne correspondent pas à nos besoins. Qui a besoin vraiment d’un son HD sur un téléphone ou d’un GPS intégré dans un appareil photo, peut être 1 ou 2% des gens qui l’ont acheté, et encore.

Pire, le budget quotidien est plombé par ces achats déraisonnables. Pour le prix d’un paquet de chewing gums, de chips Pringlos ou de Kindor surprises, vous auriez pu acheter plusieurs fruits et légumes largement meilleurs pour la santé et réellement meilleures et plus subtiles en terme de saveurs.

Les pubs ça coute cher. Les marques qui font le plus de campagne tv sont celles qui investissent le plus, et c’est vous qui payez cette pub en achetant le produit. Autrement dit, quand vous allez chez McQuik un pourcentage non négligeable du prix du menu c’est juste pour rembourser les pubs qui vous ont fait venir. Vous achetez le fait de vous faire endormir par les pubs, pas la qualité du produit.

3/ L’effet est durable.

Je me souviens de quasiment tous les slogans des pubs de mon enfance. Les pubs pour jouets, mais aussi toutes les grosses campagnes pub de l’époque. Et je parie que c’est pareil pour vous, si je commence à chanter le début d’un slogan, vous allez me chanter la fin.

Et pourtant, je ne me souviens que de peu de choses de cette période de mon enfance. C’est dire l’impact des publicités à long terme sur nos comportements, 20 ans après je me rappelle de publicités débiles et j’ai zappé plein d’informations beaucoup plus importantes. Souvenez vous, c’est fait pour que ça impacte profondément votre cerveau.

Aujourd’hui si on vous faisait un test à l’aveugle sans connaitre le produit, vous trouveriez sans doute vraiment pas terrible les sandwichs industriels des fast foods ou les gateaux hyper sucrés à l’huile de palme. Sauf que depuis des années vous êtes conditionnés à aimer ça, et que vous n’êtes plus objectifs. Pour le même prix, vous pourriez avoir un produit beaucoup plus qualitatif dans une marque qui ne met pas tout son argent dans la pub. Les chaînes de pizzas industrielles bien grasses et bien dégueues sont souvent plus chères que celle du petit pizzaïolo au feu de bois au coin de la rue.

4/ Ca flingue votre santé à petit feu, ou celle des autres.

C’est très rare qu’on nous vante à grand renfort de pub un vrai produit sain : la plupart du temps on nous parle de produits industriels hyper gras, salés, sucrés. Pour voir l’effet à moyen terme des fast foods, le film « Supe size me » est un bon exemple.

Si vous prenez de la pâte à tartiner tous les matins, ne vous demandez pas à la fin de l’année pourquoi vous n’arrivez pas à perdre du poids malgré le fait que vous courrez 2 fois par semaine. C’est juste beaucoup trop riche comme produit, et trop addictif pour qu’on le consomme dans des quantités raisonnables.

Et même si le produit n’est pas mauvais directement pour vous, le fait de changer de téléphone tous les 6 mois ça a un vrai impact écologique (l’ancien téléphone contient des polluants, pour fabriquer le nouveau on a besoin de matière première, etc).

Une solution pour échapper à cette illusion de bonheur artificiel ?

Consommer plus intelligemment. Plus sain, plus local.

Remplacez les produits les plus néfastes par des produits plus sains, sans diminuer le plaisir gustatif (au contraire !). Cuisinez vous-même des choses simples mais saines (produits de votre région si possible) pour diminuer l’impact écologique.

Achetez des produits qui correspondent à vos besoin, et non le dernier produit à la mode. Avoir un jphone ne fera pas de vous quelqu’un de cool, mais juste un consommateur parmi d’autres.

Si pour votre job ou votre vie privée vous avez vraiment besoin des fonctionnalités, allez y, foncez. Sinon il y a des téléphones 4 à 5 fois moins chers qui combleraient 100% de vos besoins ! Et gardez le plus longtemps au lieu de le bazarder régulièrement : les jeunes français changent de téléphone en moyenne tous les 6 mois, c’est juste complètement fou d’un point de vue objectif et écologique !

Si vous suivez ces conseils, à la fin de l’année vous aurez économisé un petit pactole, et vous serez en meilleure santé.

Ce pactole, vous pourrez l’investir dans quelque chose qui vous tient vraiment à cœur, dans un voyage qui vous fait envie ou une activité dont vous rêvez.

Parce que sur votre lit de mort, vous vous souviendrez des choses que vous avez faites, des émotions ressenties. Pas du fait que vous avez eu ou non la dernière voiture ou le dernier smartphone. (Au passage si vous voulez d’autres avis sur le sujet, découvrez mon article : vivre ses rêves avec 3€ par jour ou l’article de Damien de pleindetrucs sur comment vivre comme un riche sans gagner beaucoup).

Certaines choses ne sont pas très importantes, et les pubs nous font croire le contraire.

Je ne condamne pas les publicités (elles sont très utiles pour les petits entrepreneurs ou pour faire connaître un nouveau produit ou une nouvelle marque), mais trop peu de gens sont conscients de leur véritable impact lorsqu’il s’agit de campagnes massives de matraquage.

Quelles solutions pour diminuer l’impact négatif des publicités ?

Zapper systématiquement lors de pubs TVs, ou arrêter de regarder la TV. Je vous invite à lire mon article : 6 mois sans TV, le bilan pour avoir un retour sur cette expérience.

Idem pour les pubs radios, souvent encore plus idiotes pour que votre cerveau s’en souvienne. Mettez un bloqueur de pubs sur internet.

Et vous devriez être pas mal du tout.

Je vous assure, une fois sevré de pubs, on est presque choqué quand on en voit une. Il faut juste apprendre à ne plus considérer comme normal de se faire submerger de messages commerciaux.

Attention, il ne s’agit pas de développer une psychose, mais bien de diminuer drastiquement votre exposition quotidienne. Ce n’est pas bien grave si une petite partie de nos achats se fait de manière déraisonnable, ça l’est si ça impacte une grande partie de notre vie comme c’est le cas pour beaucoup de gens. Vous serez toujours soumis aux publicités : les affiches dans la rue ou le métro, les pubs avant le film au cinéma, les prospectus dans votre boite aux lettres, certains spams, mais au moins vous diminuerez la quantité des messages néfastes.

Je ne vous dis pas non plus de ne pas consommer ou de ne jamais acheter de choses chères ou de qualité si vous en avez envie, mais juste de prendre du recul sur ces achats, et de les considérer le plus objectivement possible, en terme de durabilité, de qualité et de réponse à vos besoins par exemple, en sachant que ces besoins ont été en partie formatés par les messages publicitaires reçus.

Certaines inventions ou avancées technologiques sont géniales et très utiles, il serait dommage de s’en priver si vous avez les moyens. Mais la grande majorité sont des gadgets habilement marquetés, rien de plus. Apprenez à faire la différence pour garder votre argent pour des choses plus importantes.

Parce qu’à la longue, à force de se faire répéter que le bonheur c’est de consommer le dernier produit à la mode, on finit par le croire, et par mettre tous nos efforts pour pouvoir s’acheter une illusion de bonheur que le marketing a imaginé pour nous.

Et vous, avez vous déjà acheté des produits dont vous n’aviez absolument pas besoin ? Dites le dans les commentaires ! Pour moi l’an dernier c’était une tablette dont je me sers très rarement : moins puissante qu’un ordinateur, beaucoup moins mobile qu’un téléphone, prend des photos médiocres (et on a vraiment l’air idiot à essayer de prendre une photo avec une tablette) : ça ne sert vraiment pas à grand chose, je me suis fait avoir par les promesses marketing !

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