La confiance en soi, une philosophie : avis et critique constructive

La confiance en soi – une philosophie – Charles Pépin, avis critique

Ce livre m'a intrigué.

​Parce qu'une copine m'a envoyé la photo ​d'une pub pour ce livre, prise dans le métro parisien.

Forcément, quand mon thème favori (la prise de confiance en soi) s'invite directement dans le quotidien des gens, ça m'intéresse fortement !

Avec une question :

Grosse daube commerciale ou super bouquin qui change la vie ?

J'ai donc acheté le livre immédiatement, et je te donne mon avis détaillé, et une critique constructive (je l'espère ;-))  ​de ce livre de Charles Pépin : La confiance en soi, une philosophie.

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La confiance en soi, une philosophie : avis​

​La confiance en soi, une philosophie ? 


Pour être tout à fait honnête, on ne commence jamais un livre de manière neutre.

On a toujours des aprioris qui peuvent biaiser la lecture.

​Dans certains cas, on est conquis d'avance par la promesse du livre, et impatients de découvrir l'ouvrage.
​Dans d'autres cas on se méfie, parce qu'on en a entendu trop de bien ou de mal.

À noter : je n'avais jamais entendu parler de cet auteur, bien qu'il soit plutôt médiatique. Ma lecture ne sera donc pas biaisée par sa personnalité !


Par honnêteté, voici donc mes biais avant de commencer la lecture :

​Avant la lecture : négatif


​Je me méfie toujours un peu des gens qui se prétendent philosophes.
Pour moi, les meilleurs penseurs sont aussi les plus modestes, et excluent de penser qu'ils sont assez bons pour être philosophes.
(c'est une conception très personnelle je l'avoue ;-))

Les affiches en 4x3m dans le métro parisien : bien que ça démocratise la prise de confiance (ce que je trouve génial), c'est aussi du gros marketing de masse bien bourrin.


Idem pour le nombre de lecteurs ​indiqué en gros sur l'affiche : ça n'a aucun lien avec la qualité ou non de l'ouvrage : les émissions de télé réalité font pa​rtie de celles qui font le plus d'audience, alors que ce sont aussi les plus médiocres.


Pas la faute de l'auteur cependant, son éditeur s'étant sûrement chargé de la campagne pub.

​Avant la lecture : positif


​Plus on parle de confiance en soi, et mieux c'est. Parce que ça aide des gens à comprendre que la confiance ça se travaille.


(si ça t'intéresse d'ailleurs, tu peux recevoir mes conseils confiance gratuitement ici).


Je suis donc agréablement surpris qu'un livre sur ce sujet cartonne auprès du grand public, et que tant de gens s'y intéressent !


J'ai donc un apriori très positif sur cet ouvrage, et j'espère qu'il permet une vulgarisation auprès du grand public des mécanismes de la confiance.


Je suis donc curieux de voir quelle philosophie se cache derrière ce livre !



Du coup, passons directement à ce que tu attends : c'est bien ou pas ?

​Prendre confiance en soi : une pro​messe alléchante !

La confiance en soi, une philosophie, critique (Charles Pépin)

Chapitre 1 :

La confiance en soi une philosophie : citations, extraits et analyse


Plutôt que de te donner mon avis directement, j'ai préféré choisir des extraits, et te les commenter avec ce que j'en pense.

Ça te permettra d'avoir une idée plus précise sur le livre, et de voir si tu es d'accord avec mon analyse.


"la modernité fait de nous des êtres libres, responsables de notre destin (...) à nous d'inventer notre vie. Cela suppose d'avoir confiance en soi"


J'aime beaucoup cette citation. Car effectivement le monde moderne impose d'être maître de sa vie, et demande donc plus de confiance qu'avant.


"nous avons perdu le contact premier avec les choses"


Dans ce passage, Pépin nous dit entre autres qu'un travail manuel ou de la terre est meilleur qu'un travail sur ordinateur. Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation, qui est biaisée : oui certes quand on voit pousser les légumes qu'on a planté c'est satisfaisant, mais il y a aussi des satisfactions dans des réalisations de travail de bureau. Ça me paraît cliché de dire ça.

Donc même si je ne suis pas fan du travail de bureau pendant 8 heures par jour (loin de là), cette analyse me semble un peu naîve, voire caricaturale (une vision très parisienne, qui idéalise la vie dans la nature et les champs peut-être ?)


​ "on ne nait pas confiant, on le devient."

J'adore le sous-titre du livre.

​C'est LA chose à comprendre pour commencer son travail de développement personnel. Donc bravo à Charles Pépin.



"Aristote l'avait déjà remarqué : nous naissons inachevés. Comme si la nature avait dysfonctionné, n'avait pas terminé son œuvre et nous jetait trop tôt dans l'existence, plus faibles et démunis qu'aucun autre mammifère."


Ouch, là c'est le premier passage qui m'a fait vraiment sortir de mes gonds.

On a déjà un bon gros appel à l'ancienneté (un des arguments fallacieux les plus souvent utilisés) et un biais d'autorité : en terme médical et de connaissances, l'ami Aristote n'est pas le mieux placé.

​​​Appel à l'ancienneté + biais d'autorité:


C'est un procédé malheureusement très utilisé. On vante les mérites d'un produit ou idée en nous disant que c'est forcément bien vu que c'est pratiqué depuis des siècles.

Sous entendu la sagesse millénaire prouve l'efficacité, ce qui est faux bien entendu.

​Rien qu'en terme de médecine, les anciens pratiquaient les saignées, les sangsues et les lobotomies par exemple...


Le biais d'autorité, c'est de choisir une personne reconnue,​ et d'utiliser son avis en dehors de sa zone de compétence.


Aristote était un bon penseur, mais un très mauvais scientifique.

​Sa méthode scientifique, c'était : je pense à quelque chose. Je réfléchis à une cause possible... Et je dis que c'est vrai, sans l'expérimenter ni le prouver. Tout le contraire des principes scientifiques.

Perso, si j'ai le choix entre me faire soigner par Aristote ou un docteur du 21ème siècle, le choix est vite fait.

De plus, on a une grosse inexactitude scientifique sur les mammifères.

Et une incompréhension totale de la théorie de l'évolution, qui au contraire est hyper fonctionnelle, et favorise le modèle le plus à même de survivre.

On est donc sur du grand n'importe quoi dans cette phrase. Dommage, dès le premier chapitre...



«grâce à ​notre art de la relation humaine, nous allons parachever le travail que la nature a laissé en plan, et gagner cette confiance que la nature de nous a pas donnée"

La nature n'a rien laissé en plan. Ça a juste été plus efficace en terme d'évolution et donc de survie de faire naître les bébés comme ça.

​Ce passage souffre d'un gros problème :

​Un problème de logique


Le problème avec cette dernière citation, c'est que vu que la prémisse est fausse, la conclusion l'est forcément aussi. 


C'est comme dire : comme 2 et 2 font 5, il suffit de le faire deux fois pour obtenir 10. Prémisse fausse égale résultat faux, même si la logique de l'argumentaire tient la route. 


En partant de l'idée fausse que la nature est mal faîte et que nous naissons trop tôt...

...l'auteur arrive à des conclusions complètement fantaisistes.


"la conquête de la confiance en soi commence donc par cette lutte contre ce que Freud a nommé la détresse infantile".


Je ne savais pas qu'en 2018, on peut encore citer Freud sans avoir honte ​:-)


Rappelons que quasiment tout ce qu'a dit Freud a été complètement contredit, et qu'il a falsifié la plupart de ses preuves. À la décharge de l'auteur, la France est un des derniers pays à toujours enseigner Freud et à considérer ses "travaux"... J'aurais cependant attendu plus de rigueur et des sources plus sérieuses.

Ça ne veut pas forcément dire que cette phrase est fausse, mais citer Freud comme référence c'est franchement bancal, et ça décrédibilise toute l'argumentation. 

C'est un peu comme citer Lance Armstrong sur comment gagner le tour de France : il y aurait sûrement des bons conseils dans son livre, mais en sachant que c'était un tricheur du début à la fin, ce n'est sans doute pas le meilleur exemple à suivre...


"Pour trouver ce courage de s'aventurer au dehors, il faut une "sécurité intérieure"


​C'est bien formulé, j'aime ce passage. C'est clair, bien écrit.



"sans les autres, nous ne pourrions développer notre humanité : sans les autres, nous ne pourrions devenir ce que nous sommes"


​Je trouve cette idée très intéressante, mais les "preuves" apportées sont très faiblardes, en s'appuyant sur un scénario de film (!!!!) : "Comme le montre le film de François Truffaut, l'enfant sauvage, leur absence de relations aux autres humains a bloqué leur développement". 


(je ne remets pas en cause l'idée qui est peut-être vraie, mais la démonstration ne m'a pas convaincue du tout)



"Une éducation est réussie lorsque les "élèves" n'ont plus besoin de leurs maîtres".


 J'aime cette idée, elle correspond à mes observations.

​La confiance en soi, une philosophie : résumé et critique du chapitre 1

Dans ce​ chapitre, l'auteur rend indispensable le fait de tisser des liens forts pour prendre confiance.


Si c'est quelque chose que je conseille aussi...

 (car on progresse plus vite de cette manière)

... je ne serais pas aussi catégorique : j'ai commencé à prendre vraiment confiance en moi avant de créer des amitiés vraiment profondes.

​Le fait de me connecter aux autres n'a fait qu'accélérer ma prise de confiance, elle n'en a pas été la clé première comme semble l'affirmer l'auteur.

Je n'aime d'ailleurs pas du tout cette idée que sécuriser sa confiance passe forcément par le regard d'un autre qui doit te complimenter.


L'histoire de Madonna qui n'a pris confiance qu'après un gros compliment de son professeur de danse est un bon exemple pour aller dans le sens de cette thèse, mais ​c'est oublier les milliers de contre​-exemples.

​Problème récurrent du livre :


​Une des bases de la pensée critique est la suivante :


Un exemple ou un témoignage n'est pas et ne peut pas être une preuve à lui seul. Tout au plus, c'est une illustration.


Charles Pépin a tendance à baser ses "preuves" sur une histoire ou un témoignage, ce qui n'est pas acceptable en tant qu​'argumentation sérieuse.


Où sont les études scientifiques, statistiques ou sociologiques dans ce livre ?

Des contre-exemples qui vont à l'opposé des exemples du livre, j'en ai d'ailleurs dans mon histoire personnelle, pas besoin de chercher bien loin.

Des aspects de ma vie sur lesquels ​je n'​ai jamais reçu de compliment. Et ça ne m'a pas empêché de développer une vraie confiance en moi dans ces domaines.
 
Je sais que mes compositions à la guitare sont bonnes. Pourtant, je ne les ai pas partagées avec qui que ce soit.
J'ai confiance en moi dans ce domaine, parce que je ressens une émotion en les jouant et les écoutant. Cette confiance n'a besoin de personne pour exister, contrairement à ce que Charles Pépin semble affirmer dans ce passage.

​(même si effectivement si je voulais vivre de ma musique, il faudrait une reconnaissance du public à un moment, on est d'accord. Et que cette validation me motiverait encore plus à redoubler d'efforts).

​Un exercice de pensée


Un exercice de pensée : si demain on se retrouve seul sur une île déserte, ça voudrait dire qu'on ne peut plus prendre confiance en nous ?


Pourtant, si j'apprends à chasser, et que petit à petit j'améliore mes techniques de survie...
...je vais prendre confiance en moi.


Si je construis des radeaux, de plus en plus élaborés, et que je m’entraine à naviguer avec...

...je vais prendre confiance dans mes chances de m'évader de cette île.


Pas besoin de quiconque à mes côtés pour développer ma confiance dans ce cas.


​Ça ne colle pas avec la thèse de ce premier chapitre...


Dans les très bons points de ce chapitre, j'aime le fait qu'il utilise des exemples de personnalités connues.

On connaît forcément leur parcours, et il n'y a donc pas besoin d'en dire trop : c'est efficace comme méthode.

Par contre, trouver la cause unique de leur carrière dans une phrase d'un mentor lors de l'enfance me paraît très réducteur​ (même si ​ces compliments ont eu un vrai rôle).



Je trouve que ​conseiller de dépendre de son patron ou d'un mentor pour nous donner confiance, c'est donner le bâton pour se faire battre.


Une vraie confiance en soi ne dépend pas du regard des autres. En tout cas beaucoup moins que ce que l'auteur décrit dans ce chapitre.

La suite du chapitre explique à mon sens bien mieux le rôle d'un mentor, qui nous transmet son savoir et donc sa confiance au fil du temps.

 
Beaucoup plus convaincant à mon avis que le début de l'argumentation !

L'exemple de l'école Montessori est bien trouvé :

"N'aidez jamais un enfant à faire une tâche qu'il se sent capable d'accomplir".



Ce livre a donc le don de me faire passer du sourcil froncé​ au franc sourire approbateur.

Comme avec cet extrait tiré de la conclusion de ce passage :

 "sortons de chez nous, nouons des relations avec des gens différents et inspirants (...). Cherchons les relations qui nous font du bien, qui nous sécurisent et nous libèrent".

​Ce passage conclut en beauté un chapitre qui alterne à mon avis le sublime et le médiocre.

Chapitre 2 : entraînez-vous
pratique de la confiance

Charles Pépin : La confiance en soi, une philosophie : comment prendre confiance ?


Le chapitre 2 commence avec un exemple que nous connaissons tous.

Les soeurs Williams, qui, pour prendre confiance, ont connu les encouragements réguliers et poussés de leur père, qui les a ​forcées à se surpasser, tout le temps.

S'il est séduisant au premier abord, l'exemple des soeurs Williams est pourtant biaisé.

​Problème ​de l'exemple des soeurs Williams :


​Cet exemple est ​une très bonne illustration du biais du survivant : quand une personne arrive à ses fins en utilisant une technique...
...on a tendance naturellement à se dire que c'est grâce à ça qu'on arrive à ce résultat.

Mais on oublie tous ceux qui, avec la même technique, se sont plantés. Se sont blessés, tués, ou découragés en route.

Ici : le père a voulu faire de ses filles des machines à gagner. Il leur a répété qu'elles en étaient capables, et les a entraînées à la dure.


Bravo à elles pour leurs carrières.


Mais des centaines de filles ont du être poussées exactement pareil par leur père. Et aucune autre n'a pris confiance comme Serena ou Venus Williams.

(il y en a même qui ont été détruites psychologiquement par un père tyrannique comme ça).


Le surentrainement cause beaucoup de blessures, physiques comme mentales.

Biais du survivant power.


Ce n'est donc pas à mon avis un bon exemple. Car il occulte une grosse partie de la réalité, et n'est utilisé que pour appuyer une thèse.


Malgré ça, le conseil suivant est pertinent : pour devenir un expert dans un domaine, il faut pratiquer encore et encore.
Et au bout d'un moment, on prend confiance en soi devant les résultats.

La suite de ce passage dans le livre est suffisamment nuancé et pesé (ce qui m'a un peu fait regretter qu'ils ne soient pas tous comme ça...) pour avoir de l'impact.

 
(notamment parce que pour la première fois du livre, il pèse le pour et le contre d'une théorie, aussi séduisante soit-elle).

À retenir dans ce passage : la citation de thomas Edison :

"le génie c'est 1% de d'inspiration, et 99% de transpiration"

Je ne connaissais pas cette citation, que je trouve très inspirante.


"En développant notre expérience d'une pratique, nous pouvons, et c'est heureux, gagner une confiance en nous plus globale"

Allelujah. Mais légèrement en contradiction avec le chapitre 1 selon moi, qui affirme que sans les autres pas de confiance possible.

J'aime beaucoup la suite du chapitre, qui parle de confiance parfois trop sectorisée, et de muter cette compétence en confiance.


Notamment le fait d'associer le plaisir de progresser au gain en confiance (ça rejoint à 100% les exercices ludiques que je propose à mes lecteurs pour prendre confiance en eux)

S'en suit un passage plus philosophique inspiré par Nietzsche. Intéressant, même si un peu plus difficile d'accès.


L'idée de "saut" de la confiance pour passer d'une confiance en une compétence en confiance en soi plus globale rejoint également mon parcours. Au bout d'un moment, tu n'as plus besoin de prendre confiance partout.


Le "saut" d'une compétence particulière à un gain de confiance global est automatique.
(par contre, par expérience : ça ne vient pas tout de suite, ce passage est destiné aux gens plus avancés dans leur prise de confiance).

Une nuance que j'apporterais : si une compétence unique peut permettre de prendre confiance en soi...
...elle ne suffit pas à elle seule.


Par exemple, tu auras beau passer 10 000 heures à jouer du violon seul(e) dans ta chambre...
...ça ne te suffira pas pour avoir confiance en public.


Et tu trembleras quand même comme une feuille la première fois, en doutant de toi.


C'est pour ça que, de mon côté, je conseille de toujours développer l'aspect social et regard des autres en même temps que la compétence que tu développes.


Autrement dit, confronte-toi le plus tôt possible de ton apprentissage à un public.


Comprendre ça a décuplé ma prise de confiance, et ça complèterait bien ce chapitre (mais je m'égare un peu, je ne suis pas l'auteur, désolé Charles ;-))

On revient au livre :

L'exemple des élèves qui n'ont confiance qu'en leurs compétences et qui stressent à un examen et finissent par échouer, en opposition à ceux qui ont confiance en eux et qui ont envie de tenter des choses en y prenant du plaisir et qui réussissent est certes sympathique...


...mais ne correspond pas à ce que j'ai vécu.


Je faisais partie des élèves pas du tout confiants et hyper stressés...et j'ai toujours réussi, avec mention, à avoir mes examens, sans aucune confiance en moi à l'époque (timide maladif).

Et j'ai vu des passionnés, curieux de tout, échouer aux examens...

​Le faux dilemme


​​Un classique d'argumentation fallacieuse est le fait de ne présenter que deux alternatives, et de limiter le choix à ces deux choses alors qu'en réalité il existe plein de choix différents.


Par exemple, Georges W Bush qui, pour ​justifier la guerre en Irak et Afghanistan, avait déclaré : 

"Soit vous êtes avec nous,​ soit vous êtes contre nous."


​Alors qu'il existait bien d'autres choix que de faire la guerre dans ces pays, tout en étant en accord avec la lutte contre le terrorisme.​​​


​​Dans ce passage, l'auteur a tendance à ne donner que deux alternatives : soit on a confiance en soi globalement et on arrive à réussir, soit on a uniquement confiance dans nos compétences, ce qui nous fait échouer.​ C'est à mon sens un faux dilemme.

Prenons donc cet exemple plutôt comme une illustration, et non comme une réalité (j'aurais aimé que ça soit dit clairement, là ça donne vraiment cette impression de binarité qui rend l'argumentaire bancal).

La conclusion du chapitre est globalement intéressante, tout comme le contenu entier de ce chapitre 2.

Je regrette juste personnellement que les erreurs d'argumentation n'aient pas été corrigées, ça fait perdre de l'impact à l'ensemble et c'est dommage.

Chapitre 3 : Écoutez vous. Faire confiance à son intuition

Charles Pépin : La confiance en soi, une philosophie​ (critique du chapitre 3)


​J'aime beaucoup cette idée d'apprendre à s'écouter.


"trop souvent, à l'école, on nous a simplement demandé d'écouter les consignes, les conseils, les leçons. On a essayé de nous apprendre à écouter les professeurs.
On ne nous a pas assez dit que c'était in fine pour réussir à s'écouter".



Rien que pour cette idée, je suis content d'avoir poussé jusqu'au chapitre 3, malgré mes doutes initiaux.

Il faut maintenant que j'accepte cet ouvrage pour ce qu'il est : une alternance de fulgurances et d'imprécisions assénées comme des vérités.

En appliquant les conseils de l'auteur, je vais donc m'écouter : rejeter les conseils boiteux que mon intuition me signalent (​que je peux repérer grâce aux compétences acquises sur la confiance ​suite à mon parcours et à 5 ans de blogging)...


...Et profiter des nouvelles idées qui me donnent le sourire.

​Comme ce chapitre qui parle de l'éducation en ​France et le manque de confiance, sujet que j'ai déjà abordé et sur lequel je suis en profond accord avec Monsieur Pépin.

Ou encore de la différence entre l'urgent et l'important. C'est très bien expliqué.

​​Pour gagner du temps


Je pourrais continuer tout le livre comme ça, mais je ne ferais que me répéter...

...car voici ce que tu y trouveras :


Une alternance de nourriture pour l'esprit (des idées bien amenées, des réflexions intéressantes) et d'arguments plus hâtifs voire bancals qui m'ont sortis de la lecture régulièrement.

Chapitre ​4 à 10 : ​une alternance de fulgurances et d​​e ​nullités

​Le reste du livre continue d'alterner le meilleur et le pire. Voici quelques passages qui m'ont marqués, en positif comme en négatif


Le meilleur ?

Le chapitre 5 qui parle de la confiance dans la décision.
C'est bien argumenté.
Pertinent.
Et ça explique bien comment décider c'est aussi se faire confiance et faire confiance à l'inconnu.


Le ​"pas loin d'être intéressant, mais ça tombe à l'eau" ? 

Ce passage où il démonte les mauvais coachs en développement personnel... en décrétant que ça ne fonctionne pas et que ça culpabilise les lecteurs.
Certes, mais où sont les preuves ? Ce n'est pas parce que vous le dîtes que c'est vrai monsieur Pépin, démontrez vos affirmations !
J'aurais aimé qu'il pointe du doigt avec précision les dérives de certains coachs en confiance.

Bref, ça pourrait être intéressant, mais ça ne l'est pas. Creux car pas étayé, sans preuve ni argumentaire.
Il y a même une autre argumentation fallacieuse utilisée dans le court paragraphe (l'homme de paille, qui vise à caricaturer la personne que vous voulez discréditer et lui prêter des comportements qu'il n'a jamais eu).

Ça tombe donc complètement à ​l'eau, et c'est dommage.


Le pire ?

Ce passage pathétiquement démago où Charles Pépin nous partage en entier la lettre du mari d'une des victimes du Bataclan...

(par pitié, est-ce qu'on peut faire pire comme exemple en terme de ​pathos pour déclencher de l'émotion facile et de démagogie ? Ah oui, seulement deux pages plus loin avec l'exemple d'une ado victime des camps de concentration...​argh, achevez-moi par pitié...). 


Tout le dernier chapitre est du même acabit, en mode "il faut avoir confiance en la vie". J'étais à deux doigts de me vomir dans la bouche pendant tout ce dernier chapitre.

Mon conseil lecture : arrêtez à la fin du chapitre 9 pour vous arrêter sur une bonne note, car le fait d'écouter ses désirs pour ne pas tomber dans la dépression ou la crise de la quarantaine est une bonne suggestion.

Et je crois que je n'ai jamais ​lu un livre autant en montagnes russes. 

Comment peut-on passer en quelques pages d'idées hyper intéressantes à des poncifs creux et avec des erreurs de raisonnement flagrantes ?

Comment peut-on en tant que philosophe tomber dans des biais de raisonnement aussi basiques ?

Mon hypothèse ?

​Un livre écrit ou publié trop vite. Sans vraie relecture avec du recul. 

On est plus dans un recueil de pensées couchées sur le papier​, sans véritable relecture critique.

Il ne m'a fallu qu'une lecture rapide pour déceler des dizaines d'erreurs de raisonnement, alors même que je ne suis pas philosophe ni spécialiste de la logique !

​En faisant un livre deux fois plus court avec seulement les très bons passages, on aurait pu avoir un super livre.

Là j'ai l'impression d'avoir lu le​ premier jet avant relecture d'un super projet.

(et ça me dérange un peu d'avoir payé une vingtaine d'euros pour ​un brouillon).

Gardons le positif, et quelques très bonnes idées​. Mais encore faut-il avoir les connaissances nécessaires pour les déceler.

Ma question est-donc : à qui s'adresse vraiment le livre ?

​Je n'ai pas la réponse.

La confiance en soi, une philosophie : mon avis

​Ce livre est intéressant et énervant à la fois.


Il apporte un point de vue différent sur la confiance en soi.

D'habitude, il m'est assez facile de savoir si un livre me plaît ou non.

Celui-ci est un peu différent !


Car il alterne les sommets et les moments de "face palm" (tu sais, ceux où tu te frappes le visage devant l'absurdité de ce que tu viens de lire).

​On passe d'une idée brillante ​à une idée foireuse (excuse-moi du terme) en quelques pages.

Parce que pour aller dans le sens de son argumentation, Charles Pépin se fie souvent uniquement à l'exemple qui l'arrange au lieu de documenter ses sources de manière scientifique.


C'est donc parfois très pertinent...
... et parfois beaucoup moins.


Est-ce que je le déconseille ? Non, il n'y a pas de raison de le déconseiller une fois que l'on sait que tout n'est pas à prendre pour argent comptant.

Pour moi, c'est loin d'être le meilleur livre sur le sujet — ça aurait pu le devenir avec beaucoup plus de rigueur et de vérification de la part de l'auteur — mais si tu as envie de le lire, je n'y vois pas de grosse contre-indications.

C'est même un bon livre pour en ​apprendre davantage sur la confiance à condition de le prendre avec recul.

(mais pas un livre pour véritablement prendre confiance : ​pas vraiment d'exercice pratique à mettre en place, juste une meilleure compréhension du problème.)

Et c'est là pour moi l'autre principale limite de ce livre : rester sur la théorie, la compréhension, sans jamais vraiment s'aventurer sur les conseils pratiques.

Les conseils donnés restent rares et trop vagues pour être appliqués.

Si tu ne lis que ce bouquin sur la confiance, pas grand chose ne changera dans ton quotidien, à part commencer à te faire réfléchir sur ta confiance en toi (ce qui est loin d'être une mauvaise chose !)


Par contre s'il fait partie d'un travail plus global et d'une liste de lectures diverses sur le sujet, alors je te conseillerai volontiers d'y jeter un œil attentif.

La confiance en soi, une philosophie : notes et avis


​Voici mes notes pour ce livre : La confiance en soi, une philosophie, Charles Pépin

​Style d'écriture : 7/10


​Assez facile à lire, avec des exemples intéressants.


Quelques passages plus philosophiques qui demandent plus d'attention, mais qui ne tombent pas dans le jargon.


Ça se lit bien, car ça n'est ni trop simple, ni trop compliqué globalement.

​Idées : ​5/10


​En réalité, je donnerais ​9/10 pour certaines. ​1/10 pour d'autres. Vraiment difficile de donner une note vu le grand écart entre différentes parties d'un même chapitre ! La note moyenne s'impose donc.


​Vérification - exactitude : ​4​/10


C'est à mon avis la faiblesse du livre, son manque de recul sur certains passages.


Des choses sont affirmées, d'autres sont rejetées, avec des arguments et des preuves pas ​du tout convaincants.​


Pourtant, sur certains autres passages on note une vraie recherche, et une vraie réflexion. Mais trop d'erreurs pour avoir la moyenne.

Et un rapport à la preuve et à la vérité qui fait parfois peur...

​Donne à réfléchir : ​​7/10


​Permet de réfléchir à un sujet sur lequel la plupart des gens ne se sont jamais interrogés. C'est une réussite sur ce point.


Les exemples de personnalités permettent au livre d'être accessible et de réfléchir à ces exemples.


​Par contre, il ne donne pas les bonnes armes pour se faire une réflexion saine sur certains passages, étant donné les biais d'argumentation utilisés.

​​Pousse à l'action : ​​3,5/10


​Très théorique, et pas très orienté vers l'action.


Ce n'est pas forcément une faiblesse si on le sait à l'avance, mais quelques conseils concrets auraient été appréciés.



​Note globale : ​5,​3/10


La note globale de 5,​3/10 peut paraître un peu sévère vu les perles qui se trouvent dans ce livre. 


Mais trop d'inexactitudes ou de contre-vérités sont données dans ce livre pour me faire vraiment apprécier la lecture.


Pire, je crains que beaucoup de lecteurs puissent être séduits par ces faux exemples, n'étant pas des spécialistes sur le sujet, et aient donc des idées fausses sur la confiance, basées sur des exemples biaisés.


Car les preuves de Charles Pépin semblent sortir directement de son c....

...hapeau (ouf, j'ai failli être vulgaire !). Avec Pépin, c'est en mode : C'est comme ça parce que je le dis, et puis c'est tout.

Quand "preuve" il y a, c'est par la citation d'exemples (donc pas des preuves) ou via des biais d'autorité (si Aristote l'a dit c'est que c'est vrai.... ​donc pas des preuves non plus).


Et c'est dommage, car on était pas loin d'un super livre : avec un peu plus de travail de relecture et une consolidation des arguments les plus faibles, on aurait pu avoir un vrai classique de développement personnel.


J'aurais aimé également qu'il contienne plus d'exercices pratiques, là où il reste dans l'explication théorique, mais ce n'est pas un défaut en soi si on le sait avant de le lire. 


Je conseille sa lecture si tu souhaites approfondir tes réflexions sur la confiance, et si tu as déjà lu pas mal d'autres ouvrages sur le sujet (car sinon il te sera difficile d'appliquer les conseils ou de savoir lesquels sont pertinents ou non). 


Tu peux l'acheter ici sur Amazon : La confiance en soi, une philosophie, Charles Pépin


(les liens que j'utilise sur cette page sont des liens affiliés : si tu l'achètes en passant par mon lien, je toucherai un petit pourcentage sur la vente, mais toi tu ne paieras pas plus cher pour autant 😉 )


Note globale : 28/50, soit 5,​6/10

​PS : si tu as aimé cette critique de livre ou si tu l'as trouvée utile, ​tu peux ​aussi découvrir mes conseils gratuits sur la confiance ici.

​Prendre confiance en soi, autres lectures utiles


Si tu veux compléter ta lecture, ou changer d'avis sur ton prochain livre à lire, voici une sélection de livres que je te conseille sur la confiance en soi :

3 livres pour augmenter ta confiance de manière pratique

Avant de bien assimiler tous les aspects de la confiance en soi, il te faudra plusieurs lectures. Pour compléter le livre chroniqué dans cet article (ou à sa place), voici mes conseils :

Mon livre contient essentiellement des exercices pratiques, et peu de théorie.
Le livre de Damien Fauché contient 50% d'exercices et 50% de réflexion théorique. Et le livre de Tony Robbins est beaucoup plus axé sur la motivation. Selon ta priorité du moment, tu devrais y trouver ton bonheur :-)​

La confiance en soi​ livre de Charles Pépin : autres critiques 

​- Voici une critique de l'express sur le livre de Charles Pépin. Quelques extraits et une interview (mais aucune critique du livre ou contradiction de l'auteur, dommage...c'est plus de la pub qu'une critique)

- Cette courte critique de lectrice, me semble plus ​pertinente :

"L'ensemble est plaisant à lire, on trouve quelques idées intéressantes, une autre perspective sur les choses mais cela reste assez superficiel et peu scientifique. L'auteur ne présente que sa propre vision des choses ce qui est intéressant à lire sans plus"

​- Et cette interview de l'auteur sur France Info (où l'auteur dit "je pense que", ce qu'il ne fait pas dans le livre : du coup l'interview est presque plus intéressante que le livre sur le fond, grâce à cette nuance qui n'apparait pas dans le livre !)

La confiance en soi, une philosophie pdf gratuit

​Si tu fais partie des gens qui tapent "la confiance en soi pdf gratuit" sur google...

... laisse-moi t'expliquer quelque chose.

​Tu ne te rends pas service.

Parce que si tu n'investis pas un seul centime sur un programme...

...tu n'y accorderas aucune valeur.


Alors oui, tu économiseras quelques euros si tu le trouves (à condition que ça soit la bonne version, et tu n'aies pas téléchargé un virus avec...), mais tu n'en retireras que très très peu de bénéfices. 

​Le développement personnel​, ce n'est pas comme une série TV, un truc que tu lis en zappant avant de passer à autre chose.

Investir fait partie du processus. Parce que ça t'engage. Ça t'oblige à te concentrer dessus, pour rentabiliser ton achat.

Alors même si l'auteur se fait déjà pas mal d'argent avec ce livre...

...et même si ce livre n'est pas parfait...

...s'il t'intéresse, achète-le.

Respecte le travail de l'auteur...

...respecte ton temps (tu as mieux à faire que de passer deux heures à chercher un pdf pour gratter quelques euros...)

...et respecte tes engagements (si c'est gratuit, tu n'appliqueras rien, fais-moi confiance j'ai lu un paquet de pdfs gratos avant de comprendre ça ;-))

​Je sais que ce paragraphe sonne "vieux con moralisateur", mais j'aurais aimé qu'un "vieux con" me donne cette leçon il y a quinze ans, ça m'aurait évité de perdre mon temps à lire des choses sans les appliquer...

(​tu auras plus de progrès avec un bon livre que tu auras acheté que 10 téléchargés gratuitement...)

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