Voyager pour être heureux ?

Voyager pour être heureux ?

Laisse moi te raconter une petite histoire personnelle, qui répondra en partie à la question : faut-il voyager pour être heureux ?

Je reviens d’un voyage de deux semaines au Japon.

27 heures de transport à l’aller, un jetlag de folie dans la tronche et me voilà prêt à découvrir ce pays qui me faisait tant fantasmer depuis des années, par ce que j’en savais et ce que j’en avais vu. Ah, les samouraïs et leur romantisme, la spiritualité omniprésente et les jardins zens partout, un sens de la beauté et de l’esthétisme poussé à son paroxysme, un attachement très fort à des traditions séculaires ! Visiter le Japon, ça faisait même partie de ma liste des 30 choses à faire dans ma vie !

Mais en fait non, le Japon ce n’est pas ça. Je n’y ai pas trouvé cette beauté, je n’ai pas été transporté par les paysages ou les monuments.

Alors, déçu ?

Et bien non, pas du tout. Parce que ça m’a appris ou rappelé à l’esprit plein de choses sur moi même que j’avais oubliées avec le temps.

bout du monde - changeons

Les attentes ça te flingue une expérience.

Je m’attendais à un truc de folie, un truc génial. Du coup, quand je suis tombé sur un pays ou une ville qui était juste cool, je me suis senti déçu, alors que c’était une expérience vraiment sympa dans l’absolu.

Rappelle toi toutes les fois où on t’a sur-vendu un film, et où tu as été déçu.

Si tu as envie de vivre pleinement ton voyage, ton film, ton concert : ne te dis pas avant que ça va être génial. Ça le sera peut-être, mais ça sera peut être mauvais aussi : c’est ce qui fait le charme de ce genre d’expériences, la part d’incertitude. Les attentes, c’est nier le fait qu’il existe cette incertitude, et donc se fermer à vivre le moment présent tel qu’il se déroule.

Par exemple, si tu t’attends à ce que cet article soit génial et te change la vie immédiatement, tu risques d’être déçu. Par contre, si tu acceptes le fait qu’il est assez décousu, très imparfait mais qu’il contient peut-être des idées intéressantes, alors peut-être qu’il t’apportera quelque chose !

Comment faire alors ? Mettre ses attentes de côté. Accepter d’être surpris, de découvrir de nouvelles choses.

J’ai été déçu une petite journée. Puis j’ai réfléchi, et j’ai accepté que ça serait une expérience complètement différente de ce que j’avais imaginée. Et à partir de là, j’ai vraiment adoré certains moments, et d’autres moments moins, mais j’ai vécu l’aventure comme j’aurais du la vivre dès le premier jour, et non comme je l’avais imaginée.

J’ai retiré les œillères que j’avais devant les yeux et qui me faisaient regarder dans la direction de l’idée fausse que je me faisais du Japon, et j’ai essayé de regarder ce que je voyais avec un regard neuf et honnête. Et j’ai découvert des choses super intéressantes, j’ai beaucoup aimé ce voyage, et le Japon a plein de choses à offrir si on est ouvert à ça. D’ailleurs tu peux voir dans les images de cet article que je me suis régalé à prendre des photos là bas !

Retrouver le regard de gamin de trois ans qui s’émerveille sur un caillou ou un bout de bois, et qui parfois va jouer avec la boite en carton plutôt qu’avec le jouet super cher que tata Gisèle lui a acheté. C’est ça que j’ai redécouvert là bas.

Au milieu des buildings ultra modernes, un coin de tradition bien sympathique !

Au milieu des buildings ultra modernes, un coin de tradition bien sympathique !

Apprendre à voir la beauté où elle se trouve

Quand tu es en vacances dans un pays étranger, tous tes sens sont en alerte : tu es beaucoup plus ouvert aux différents stimuli que dans la ville où tu habites.

Tu apprends à voir la beauté dans des choses simples : un arbre, un petit parc au milieu de la ville, un gamin qui te sourit dans le métro.

Et puis tu te dis que tu n’as pas besoin d’être à l’autre bout du monde pour profiter de ça : tu as la même chose dans ton pays, dans ta ville, dans ta rue peut-être. C’est juste qu’avec le temps tu as perdu ta capacité à le voir, car tu t’es habitué à ton environnement, ou que tu écoutes trop les journaux télévisés qui te disent que ton pays est un endroit horrible et dangereux.

Fais cet exercice pour moi : va te balader 15 minutes dans ton quartier ou à ta pause midi au boulot, et regarde attentivement. Note la présence des différents éléments dans le décor, prête attention à la lumière, aux odeurs, aux sons que tu entends. Essaie de trouver là dedans des choses que tu aimes, que tu trouves belles ou intéressantes. Tu seras sans doute surpris de voir des choses que tu n’as jamais notées alors que tu passes là depuis des années !

Si tu ne trouves rien de beau, rien de bien, réessaye cet exercice un autre jour. Si plusieurs fois de suite tu ne trouves rien, alors qu’est ce que tu attends pour déménager ou changer d’endroit de balade? Ne reste pas dans un environnement qui ne t’apporte que du négatif, tu dois pouvoir te ressourcer un minimum et te sentir bien là où tu te trouves !

Les parcs que j’ai pu visiter dans Tokyo sont cools, mais n’ayant rien d’extraordinaire ils m’ont surtout fait prendre conscience que j’avais cette même beauté à portée de main chaque jour de ma vie, et que je n’en profitais pas. J’ai mon « Yoyogi park » (parc qui se trouve au milieu de Tokyo) personnel à 5 minutes de chez moi, j’ai des très beaux paysages de forêts vallonnées comme j’ai pu voir au Japon à 20 minutes à pied de chez moi. Et pourtant, je vis en banlieue parisienne, beaucoup de gens diraient que c’est assez moche. Ces gens là ne voient que ce qu’il veulent bien voir, et la réalité se conforme à leurs attentes.

Si tu cherches du moche, tu en trouveras. Même à Paris qui est considéré comme une des plus belles villes du monde, tu peux trouver des choses très moches. Comme tu peux voir des choses magnifiques. Tout est question de perspective et de la direction dans laquelle tu choisis de regarder.

Tu peux même apprendre à voir du beau et de la poésie là où les autres ne verront rien, et ça ça apporte une énergie et une satisfaction énorme. Même un endroit triste et qui ne correspond pas aux critères de beauté habituels peut être le théâtre d’un moment de poésie ou de beauté : un rayon de lumière qui va faire une ombre particulière, une fleur qui pousse au milieu de la poussière, etc. Pour ça je te conseille de regarder le film American beauty, la scène où il parle de la beauté du sac plastique qui vole avec le vent est juste géniale.

Il pleut, je suis bloqué sous un abri pendant 10 minutes, et pourtant j'ai aimé ce moment et j'y ai trouvé de la beauté.

Il pleut, je suis bloqué sous un abri pendant 10 minutes, et pourtant j’ai aimé ce moment et j’y ai trouvé de la beauté !

Voyager pour s’ouvrir et se recentrer

Alors, pas besoin d’aller au bout du monde me diras tu… Et bien tu as raison, mais seulement en partie.

Car aller là bas pourrait bien te révéler des choses sur toi même, et notamment qu’il est vain de chercher le bonheur ailleurs en permanence, car la vie c’est ici et maintenant qu’il faut en profiter.

Mais voyager t’en apprend également beaucoup sur toi même et sur les autres : ça fait voler les clichés et les préjugés (si tu veux approfondir le sujet il y a l’article comment se débarrasser de ses préjugés), ça te fait découvrir de nouvelles façons de vivre, de manger, de te comporter. Çà peut complètement être une source d’inspiration dans plusieurs domaines de ta vie !

Et puis voyager ça te rend plus confiant. Parce qu’il n’y a rien de tel pour te sortir de ta zone de confort : dans un pays étranger, où tu ne connais rien, tu vas apprendre à t’adapter, à communiquer.

Il y a quelques années, je n’osais pas dire un mot en anglais. Maintenant je n’hésite pas à parler, même si je ne connais que quelques mots de la langue, c’est génial d’essayer de communiquer avec des gens ! Je me souviens d’une petite mamie à Kyoto, elle parlait quelques mots d’anglais et moi quelques mots de japonais, et pourtant on a réussi à se comprendre (parfois en mimant les choses) et c’était super amusant. Prenez du plaisir à communiquer et à découvrir des choses, en vacances on le fait volontiers mais ça pourrait être le mode de vie qu’on adopte tout le long de l’année.

Plus je voyage, et plus je me sens à l’aise et à ma place sur cette planète. Je me sens d’avantage citoyen du monde au lieu de me considérer juste comme un banlieusard, et ça ouvre pas mal de perspectives nouvelles.

Si tu as l’occasion de voyager, fais le. Ou pas, si tu n’en n’as pas envie, mais je te conseille de le faire. Pas parce que ça sera mieux là bas, mais juste parce que ça sera différent, et que ça forcera ton cerveau à voir d’autres choses, à fonctionner différemment, à penser autrement. Ça t’empêche de ronronner dans ton quotidien, et ça te permet d’apprécier d’avantage l’endroit où tu te trouves.

Je t’avais prévenu, cet article est assez décousu : j’avais envie de parler de choses qui me sont venues en tête suite à ce voyage sans entrer dans la sur-analyse ou tenter de tout rationaliser. Et peut-être qu’au milieu de ces pensées, tu trouveras un instant de poésie ou de bien-être que tu seras le seul à entrevoir, si c’est le cas alors tu as compris l’essence de l’article, et c’est vraiment bien. Et si ce n’est pas le cas, tu auras quand même lu un article dépaysant !

voyager pour être heureux

Les temples de Kyoto sont assez étonnants et super à visiter.

Arigato gozaimasu !

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