Gérer ses émotions négatives, ou le syndrome Charlie Hebdo - Changeons

Gérer ses émotions négatives, ou le syndrome Charlie Hebdo

A moins que vous viviez dans un igloo en Sibérie ou en autonomie dans la jungle amazonienne, vous n’avez pas pu passer à côté des évènements des dernières semaines.

le syndrôme charlie hebdo - grand

Terrorisme. Attentats. Représailles. Danger. Menaces. Morts. Extrémisme. Insécurité.

Ce sont les termes qui sont repris en boucle par tous les médias depuis maintenant deux semaines.

Deux semaines qui ont transformé une émotion sincère liée à un évènement tragique en psychose généralisée.

Gérer ses émotions négatives, ou le syndrome Charlie Hebdo.

Un empoisonnement à petite dose.

Suivre les informations en continu (que ça soit à la télévision via BFM tv ou Itv par exemple ou à la radio avec France info entre autres), c’est s’empoisonner à petit feu. C’est remplir son esprit d’un trop plein d’émotions négatives.

Regarder les informations depuis 2 semaines, c’est aussi malsain que si quelqu’un vous envoyait 50 sms ou mails par jour pendant un mois pour vous dire « ton chien est mort, c’est affreux, souviens toi comme tu l’aimais ! ».

La chasse au scoop, au sensationnalisme, à l’émotion facile a conduit à cet écueil : plus vous vous intéressez à cette histoire, et moins on vous laisse digérer cette émotion. Le deuil est impossible à faire quand on nous replonge dans le négatif de manière aussi répétée. Voir les proches des personnes assassinées pleurer à la télévision, c’est émouvant certes, mais ça n’apporte rien de factuel. Juste de l’émotion en intraveineuse.

C’est comme si vous essayiez de prendre une respiration après avoir bu la tasse, et qu’on vous replongeait la tête sous l’eau à chaque fois que vous approchez de la surface.

Impossible. Ou en tout cas très difficile.

Malheureusement, on semble ne pas apprendre de nos erreurs. Le traitement médiatique du 11 septembre 2001 avait traumatisé énormément d’enfants : troubles du sommeil, stress permanent.

Ce matraquage d’images sordides ne rend service à personne. A part aux médias qui diffusent ces images, et qui gagnent en part d’audience.

Cette « information » qu’on vous envoie n’est qu’une partie de la réalité, celle qu’on a choisi de vous montrer.

Le pire, c’est qu’on a beau savoir que ça nous fait du mal, on regarde quand même. On choisit d’aller mal, de regarder le plus possible de détails sordides.

Et si on choisissait de gérer nos émotions négatives ?

Et si on choisissait, après avoir vécu notre émotion propre à chacun en apprenant ce qui s’était passé, de prendre du recul, de remettre les choses en perspective ?

De traiter ce fait divers tragique comme un fait divers tragique et non comme un baromètre de la santé du monde ces jours ci ?

Si on choisissait de se dire que depuis deux semaines des choses magnifiques arrivent en parallèle, et qu’on les a occultées volontairement (ou non) ces jours-ci ?

La barrière du jugement

Il n’y a pas de vérité absolue. Seulement des perceptions différentes d’une même réalité.

Les faits : une tuerie dans un journal.

Les perceptions :

  • On vit dans un monde dangereux, la liberté de la presse est en danger.
  • C’est triste, mais c’est un acte isolé qui ne remet pas en cause la liberté de la presse
  • Il faut se barricader chez soi, ne plus sortir pour ne pas risquer d’attentats.
  • Cela ne change rien à ma vie, je continue de vivre comme si de rien n’était.

Aucune de ces perceptions n’est plus juste qu’une autre. Ce sont juste des choix, des interprétations personnelles.

Les faits arrivent à nous, et passent la barrière de notre jugement : selon notre éducation, nos croyances, nos valeurs, notre humeur, nous allons traiter l’information différemment et laisser ou non une information impacter sur notre façon de vivre.

La bonne nouvelle, c’est qu’on peut choisir ce qui nous atteint ou pas, et de quelle manière.

La meilleure façon à mon avis : prendre du recul par rapport à ce genre d’évènements. Ne pas se mettre la tête dans le sac à regarder en boucle des atrocités, mais lire une analyse factuelle de ce qui s’est passé, et se poser des questions sur ce qu’on a envie de savoir ou non.

Je sais très bien que beaucoup d’images de l’exécution d’un policier à terre ont été diffusées. Est ce qu’elles auraient apporté quoi que ce soit à ma compréhension des évènements ? Absolument pas. J’ai donc DÉCIDÉ de ne pas les regarder. J’ai choisi de ne pas voir cette atrocité, mais sans nier cette réalité : je suis totalement conscient de ce qui s’est passé, je choisis juste de ne pas ajouter l’horreur à l’horreur.

J’ai été ému le jour même par ce qui s’est passé. J’ai réfléchi dessus, comme tout le monde je pense. Mais je n’ai pas succombé à la vague de pessimisme et de psychose et je suis rapidement revenu à un état d’esprit positif, grâce à ce recul et à ce filtre médiatique que j’ai appliqué.

Que vous soyez Charlie ou non, cette diète d’informations négatives ne pourra que vous être positive.

Balancez ces informations par des choses positives : regardez un lever de soleil, écoutez une chanson motivante (découvrez la playlist qui booste le moral), regardez le sourire d’un enfant, riez avec vos amis. Le monde c’est des milliers de moments géniaux, et quelques faits divers tragiques. Sans les occulter, vous pouvez les remettre à leur échelle : le monde n’est pas devenu un endroit horrible depuis deux semaines. Stoppez votre télévision pendant 24h et sortez vous balader, et vous verrez que l’on ne vit pas dans un monde si dangereux.

prague pont charles - changeons

La vie est belle, ne laissez pas quelques terroristes amateurs ou tueurs en série gâcher votre joie de vivre. La peur est le pire frein au bonheur, car si on a peur de tout on ne tente rien, on se méfie de tout. Si le sujet du bonheur vous intéresse, je vous invite d’ailleurs au passage à lire la série d’articles #BN écrits par Damien du blog Pleindetrucs.

La semaine dernière dans un parc, j’entendais une grand mère dire  » Où elle est la petite Charlotte ? Viens ici tout de suite, c’est dangereux, il y a plein de pédophiles, un malheur est si vite arrivé ! ». La scène se passait dans un jardin public en pleine journée, et la petite jouait joyeusement à moins de 10 mètres de là avant de revenir toute penaude après s’être fait disputer pour rien.

L’enfer est pavé de bonnes intentions, il y a fort à parier que si la petite passe trop de temps avec cette grand-mère elle adoptera une vision du monde tellement négative qu’elle devra à l’âge adulte faire un énorme travail sur elle même pour surmonter ses peurs.

Ne devenez pas cette grand mère pour votre entourage. Ne cédez pas à une panique imaginaire qui vous empêcherait d’être heureux, en attirant votre entourage vers le bas. Filtrez les informations négatives, et choisissez de leur donner l’importance relative qu’elles méritent.

Soyez heureux, et n’oubliez pas que les « informations » ne reflètent en rien ce qui se passe réellement dans le monde, c’est juste un choix éditorial de montrer les aspects négatifs de notre société.

Edit Novembre 2015.

Sous un drap blanc.

Ça aurait pu être moi, ou n’importe qui d’entre nous sous un drap blanc aujourd’hui. Sauf que le destin a fait que ça n’a pas été le cas.

Quelle pourrait être la meilleure réponse, à part vivre, être heureux, devenir des personnes épanouies et ouvertes au monde ? Bref, tout ce que l’obscurantisme essaie de nous retirer ?

Ce week-end nous a fait réaliser qu’on pouvait tout perdre de manière aléatoire en un claquement de fusil mitrailleur. Confucius disait : « on a deux vies, et la seconde commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une. »

Aujourd’hui, on a tous réalisé ça, de manière brutale. Mais on peut s’en servir, et faire en sorte de tirer leçon de ça pour l’avenir.

J’ai décidé d’être heureux et de suivre mes rêves, et ce ne sont pas quelques cons armés de kalachnikovs qui vont me dissuader de le faire.

Peace, et soyons heureux.

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